Du temps pour regarder de près les réalités locales

vendredi 4 septembre 2015

Quand un secteur décide de faire le chemin pour devenir une véritable Unité Pastorale, une équipe préparatoire prend du temps pour analyser de près les réalités locales et leur évolution. Pour certains, le temps passé à cette analyse est parfois trop long ou est même du temps perdu…

Lorsqu’un secteur décide de devenir une véritable Unité Pastorale, une question se pose aux membres de l’équipe préparatoire, prêtres et laïcs : « Seigneur, qu’attends-tu de nous aujourd’hui et demain ? Quel est ton rêve pour ton Église chez nous, pour tous les habitants de notre secteur ? ».
Répondre à cette question se fait à la lumière de la Parole de Dieu et nécessite que nous regardions de près les réalités locales et leur évolution. Pour certains, le temps passé à cette analyse est parfois trop long ou est même du temps perdu… On connaît notre réalité, non ? Et pourtant, l’expérience montre que les caractéristiques locales, tant sociologiques que religieuses, réservent bien des surprises...
Quand nous accompagnons une équipe préparatoire dans le travail d’analyse et d’enquête pour devenir une Unité Pastorale, nous sommes témoins des richesses du travail partagé : au-delà des difficultés rencontrées lors des recherches, nous percevons l’importance de mieux connaître les caractéristiques propres de nos communautés, les étonnements lorsqu’on remarque des éléments insoupçonnés… Par exemple, dans un doyenné, on remarque l’importance d’une institution pour les habitants du coin, ou aussi les dégâts d’une fermeture d’entreprise ; on découvre dans un secteur qui semble éteint une vie associative riche et multiple ; ailleurs, alors qu’on pense la population vieillissante, on apprend que plusieurs jeunes familles s’installent et renouvellent petit à petit le tissu social ; on apprend à connaître la réalité d’un nouveau quartier …
Même si cette analyse n’est pas scientifique, elle assure une véritable dimension d’incarnation au travail pastoral du secteur ou du doyenné. On y perçoit mieux que l’Évangile est Bonne Nouvelle dans notre quotidien, Bonne Nouvelle pour chacun de nous dans nos villages, nos quartiers… C’est seulement après avoir mis en évidence les réalités humaines et religieuses, les résistances et difficultés, les ressources et atouts, les évolutions significatives, les aspects parfois étonnants de notre coin que, ensemble, nous pourrons discerner les défis majeurs, les priorités pastorales que l’Eglise devra relever dans les années à venir. Ainsi, des décisions pratiques concrètes à court et moyen terme pourront être prises.
Le temps mis pour réaliser cette analyse, pour se mettre à l’écoute de ce qui se vit chez nous, pour « sentir » notre réalité… est donc un temps essentiel. En laissant résonner la Parole de Dieu tout au long de ce travail, nous laissons parler l’Esprit-Saint. Oui, vraiment, cette étape préparatoire est vraiment une expérience d’Eglise pour chacun de ceux qui y participent !
Françoise Hamoir, membre de l’équipe diocésaine du Chantier Paroissial


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