Formation : En route vers les UNITES PASTORALES, textes du Magistère

lundi 19 octobre 2015

UN PAS DE PLUS : voici quelques textes du Magistère qui sous-tendent les principes fondamentaux du Chantier Paroissial

• Dans la programmation qui nous attend, nous engager avec davantage de confiance dans une pastorale qui donne toute sa place à la prière, personnelle et communautaire, signifie respecter un principe essentiel de la vision chrétienne de la vie : le primat de la grâce. Il y a une tentation qui depuis toujours tend un piège à tout chemin spirituel et à l’action pastorale elle-même : celle de penser que les résultats dépendent de notre capacité de faire et de programmer. Certes, Dieu nous demande une réelle collaboration à sa grâce, et il nous invite donc à investir toutes nos ressources d’intelligence et d’action dans notre service de la cause du Royaume. Mais prenons garde d’oublier que « sans le Christ nous ne pouvons rien faire » (cf. Jn 15,5). (Jean-Paul II, Exhortation apostolique pour le nouveau millénaire, janvier 2001, n° 38 §1)

• Ceux qui accueillent avec sincérité la Bonne Nouvelle, par la force de cet accueil et de la foi partagée, se réunissent donc au Nom de Jésus pour chercher ensemble le Règne, le construire, le vivre. Ils constituent une communauté qui est à son tour évangélisatrice. (Paul VI, Exhortation apostolique sur l’annonce de l’Evangile, 1975, n° 13)

• Les missionnaires, les évangélisateurs sont presque toujours des veilleurs, des guetteurs. Ils apprennent à regarder au-delà des apparences, pour apercevoir ce qui est déjà là, à peine perceptible, mais réellement donné par Dieu et destiné à porter des fruits. Le Royaume de Dieu germe au-dedans de nous, au-dedans des complexités, des drames, des violences et aussi des espoirs, des luttes et des progrès de notre histoire (Mgr Claude Dagens, Méditation sur l’Eglise catholique en France libre et présente, Cerf, 2008, p.14.

• La paroisse n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être « l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles ».[26] Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et avec la vie du peuple et ne devienne pas une structure prolixe séparée des gens, ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes. La paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, du dialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration.[27] À travers toutes ses activités, la paroisse encourage et forme ses membres pour qu’ils soient des agents de l’évangélisation.[28] Elle est communauté de communautés, sanctuaire où les assoiffés viennent boire pour continuer à marcher, et centre d’un constant envoi missionnaire. Mais nous devons reconnaître que l’appel à la révision et au renouveau des paroisses n’a pas encore donné de fruits suffisants pour qu’elles soient encore plus proches des gens, qu’elles soient des lieux de communion vivante et de participation, et qu’elles s’orientent complètement vers la mission. (Pape François, exhortation apostolique sur la Joie de l’Evangile, n° 28)

• Les autres institutions ecclésiales, communautés de base et petites communautés, mouvements et autres formes d’associations, sont une richesse de l’Église que l’Esprit suscite pour évangéliser tous les milieux et secteurs. Souvent elles apportent une nouvelle ferveur évangélisatrice et une capacité de dialogue avec le monde qui rénovent l’Église. Mais il est très salutaire qu’elles ne perdent pas le contact avec cette réalité si riche de la paroisse du lieu, et qu’elles s’intègrent volontiers dans la pastorale organique de l’Église particulière.[29] Cette intégration évitera qu’elles demeurent seulement avec une partie de l’Évangile et de l’Église, ou qu’elles se transforment en nomades sans racines. (Pape François, exhortation apostolique sur la Joie de l’Evangile, n° 29)

• Chaque Église particulière, portion de l’Église Catholique sous la conduite de son Évêque, est elle aussi appelée à la conversion missionnaire. Elle est le sujet premier de l’évangélisation,[30] en tant qu’elle est la manifestation concrète de l’unique Église en un lieu du monde, et qu’en elle « est vraiment présente et agissante l’Église du Christ, une, sainte, catholique et apostolique ».[31] Elle est l’Église incarnée en un espace déterminé, dotée de tous les moyens de salut donnés par le Christ, mais avec un visage local. Sa joie de communiquer Jésus Christ s’exprime tant dans sa préoccupation de l’annoncer en d’autres lieux qui en ont plus besoin, qu’en une constante sortie vers les périphéries de son propre territoire ou vers de nouveaux milieux sociaux-culturels.[32] Elle s’emploie à être toujours là où manquent le plus la lumière et la vie du Ressuscité.[33] Pour que cette impulsion missionnaire soit toujours plus intense, généreuse et féconde, j’exhorte aussi chaque Église particulière à entrer dans un processus résolu de discernement, de purification et de réforme. (Pape François, exhortation apostolique La Joie de l’Evangile, n° 30)

• Le Concile Vatican II présente les ministères et les charismes comme des dons de l’Esprit Saint pour l’édification du Corps du Christ et pour la mission en vue du salut du monde. L’Église, en effet, est dirigée et guidée par l’Esprit Saint, qui distribue des dons variés, hiérarchiques et charismatiques, à tous les baptisés, en les appelant à être, chacun à sa façon, actifs et co-responsables. (Jean-Paul II, Les Chrétiens fidèles laïcs n° 21)

• Dans l’Église, nous rencontrons, en premier lieu, les ministères ordonnés, c’est-à-dire les ministères qui dérivent du sacrement de l’Ordre. […] La mission des Apôtres, que le Seigneur Jésus continue de confier aux pasteurs de son peuple, est un vrai service, que la Sainte Écriture désigne d’un terme significatif : « diakonia », c’est-à-dire service, ministère. […] Les ministères ordonnés sont une grâce immense pour la vie et pour la mission de l’Église entière, avant même de l’être pour telle ou telle personne en particulier. (Jean-Paul II, Les Chrétiens fidèles laïcs n° 22)

• La mission salvifique de l’Église dans le monde est réalisée non seulement par les ministres qui ont reçu le sacrement de l’Ordre, mais aussi par tous les fidèles laïcs : ceux-ci, en effet, en vertu de leur condition de baptisés et de leur vocation spécifique, participent, dans la mesure propre à chacun, à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ. (Jean-Paul II, Les Chrétiens fidèles laïcs n° 23)

• La coresponsabilité exige un changement de mentalité touchant, en particulier, au rôle des laïcs dans l’Eglise, qui doivent être considéré(e)s non comme des « collaborateurs » du clergé, mais comme des personnes réellement “coresponsables” de l’existence et de l’action de l’Eglise. (Benoit XVI, Message à la VIe assemblée ordinaire du Forum international d’Action Catholique, Août 2012)

• La parole a en soi un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir. L’Évangile parle d’une semence qui, une fois semée, croît d’elle-même, y compris quand l’agriculteur dort (cf. Mc 4, 26-29). L’Église doit accepter cette liberté insaisissable de la Parole, qui est efficace à sa manière, et sous des formes très diverses, telles qu’en nous échappant elle dépasse souvent nos prévisions et bouleverse nos schémas. (Pape François, exhortation apostolique La Joie de l’Evangile, n° 22)

• La pastorale en terme missionnaire exige d’abandonner le confortable critère pastoral du “on a toujours fait ainsi”. J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés. Une identification des fins sans une adéquate recherche communautaire des moyens pour les atteindre est condamnée à se traduire en pure imagination. J’exhorte chacun à appliquer avec générosité et courage les orientations de ce document, sans interdictions ni peurs. L’important est de ne pas marcher seul, mais de toujours compter sur les frères et spécialement sur la conduite des évêques, dans un sage et réaliste discernement pastoral. (Pape François, exhortation apostolique La Joie de l’Evangile, n° 33)


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