La spiritualité de l’engagement chrétien

lundi 8 octobre 2018

L’expérience d’accompagnement des équipes sur le terrain pastoral met en évidence deux cas de figures. D’une part, nous découvrons des « expériences heureuses » d’engagement à divers niveaux (diocèse, doyenné, unité pastorale, secteur pastoral) où des prêtres, diacres et laïcs exercent leur responsabilité (mission) avec dynamisme, bienveillance et humilité, dans le respect des personnes et l’intérêt de tous. D’autre part, nous constatons des « expériences frustrantes » : abus de pouvoir, décisions prises unilatéralement, agents pastoraux qui deviennent ou se croient « propriétaires » de la mission reçue. Ces attitudes paralysent le travail pastoral, découragent certains, en repoussent d’autres, créent des frustrations.
Quels sont le fondement et la finalité de l’engagement en Église ?
L’engagement trouve sa source dans le baptême et la confirmation qui configurent au Christ, Chemin, Vérité et Vie (Jn 14,6) et introduisent dans la communion trinitaire, communion d’amour. Le Christ est la référence et le modèle de l’agir pastoral : « Que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui SERT » (Lc 22,26) ; « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 14-15).
L’engagement chrétien consiste essentiellement à servir comme le Christ : un Dieu qui s’est fait petit, humble, proche et serviteur, sans chercher ni honneurs ni gloire. C’est dans la personne et l’agir du Christ que l’engagement fonde sa spiritualité. Il se nourrit de la Parole de Dieu et des sacrements. Le chrétien doit toujours retrouver le « sens évangélique » de la mission de l’Eglise y compris dans la gestion des biens matériels. Cela nécessite crédibilité, bienveillance et humilité à l’image du Christ.
Pour y arriver, il faudrait, au niveau individuel, une réelle volonté du chrétien de renoncer à lui-même, à son « ego » (faire l’expérience du mystère pascal), de vivre et servir comme le Christ. L’enjeu est de s’identifier toujours davantage au Christ : « Ma vie, c’est le Christ » (Ph 1, 21). Une exigence de conversion permanente et un souci d’intériorisation de l’Évangile sont essentiels pour incarner cette spiritualité. Une attention particulière sera accordée à la formation et à l’accompagnement des personnes en mission ecclésiale. Ainsi, la sensibilisation des acteurs pastoraux au sens évangélique de l’engagement pastoral et de la gestion des biens d’Église est urgente en vue d’une mission féconde.
Willy Wele-Wele K., membre de l’équipe diocésaine du Chantier Paroissial


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